24/07/2014

Fontaine

      tu chantes au cœur de mon village, à l’ombre de l’église et du grand tilleul.

A l’heure du Zénith, tu étincelles de lumière sous le soleil des moissons

et ton murmure familier apaise mon âme de ta fraîche et subtile prière

qui file vers le mystère. 

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23/07/2014

L’homme au sourire d’enfant…

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Pesoa a écrit « Un homme doté de la véritable sagesse peut savourer le spectacle du monde entier en restant assis sur sa chaise, sans même savoir lire, sans parler à quiconque, rien que par l'usage de ses sens et grâce à une âme ignorant ce que c'est que d'être triste. »

22/07/2014

Verger de Provence

« Quand tu manges un fruit n’oublie pas celui qui a planté l’arbre. »cerisiers en fruit (1).JPG

21/07/2014

Au cimetière marin

L’aube trace déjà les chemins à venir

et la vague tranquille au-dessus de l’abime berce le sablier où le temps se déroule.

L’ombre douce abandonne ses mystères, l’invisible évanouit les frontières

et le soleil accouple l’infini du ciel à la respiration singulière de la mer.

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05:13 | Commentaires (0) | Tags : bonifacio

20/07/2014

La Mortella

Une vigie
comme une veuve délitée,
dont les cendres demeurent en suspens de l’histoire
entre pierre et chair.
Les mouettes traversent quelques fois cette mémoire avec des cris salés.

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10:47 | Commentaires (0) | Tags : corse du nord

19/07/2014

L’argentella

 

Souffle d’écume,
peuple des galets,
pierres précieuses offerte à la mer.

corse du nord

12:00 | Commentaires (0) | Tags : corse du nord

18/07/2014

Rêverie

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Au beau milieu de mon travail journalier - toujours semblable à lui-même, terne et inutile- je vois surgir brusquement l'évasion: vestiges rêvés d'îles lointaines, fêtes dans des parcs des anciens temps, d'autres paysages, d'autres sentiments, un autre moi. Entre deux écritures portées sur mon registre, la monotonie, la morne identité des jours succédant aux jours, la différence absolument nulle entre hier et aujourd'hui. Que tout cela me reste acquis pour toujours, avec l'âme suffisamment éveillée pour prendre plaisir à cette mouche qui me distrait, en passant par hasard devant mes yeux, à ces éclats de rire qui montent, capricieux, de la rue à peine visible, à l'immense libération que j'éprouve à l'heure de la fermeture, au repos infini que me procure un jour de congé.  Je peux bien me rêver empereur romain; le roi d'Angleterre ne le peut pas, parce que le roi d'Angleterre se voit priver, dans ses rêves, d'être un autre roi que celui qu'il est. Sa propre réalité ne le laisse plus ni sentir ni exister. Le Destin ne m'a donné que deux choses: des registres d'aide-comptable et le don du rêve.

D'après Pesoa

13/07/2014

Le portraitiste

Il disait que chacun de nous est la page d’un livre, mais d’un livre que personne n’a jamais écrit et que nous cherchons en vain dans les rayonnages de notre esprit. Il m’a dit que ce qu’il essayait de faire était d’écrire ce livre pour les gens qui venaient le voir. Il fallait réunir les bonnes pages. Il était sûr d’y arriver…. Il regardait les gens. Longuement. Jusqu’à ce qu’il découvre leur histoire…

 

Extrait de Mr Gwyn d’Alessandro Baricco

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11/07/2014

Belle île

En frôlant les murs, on sent contre la joue la fraîcheur des moellons de granit, le nom des ruelles pourrait suggérer des toiles de peintres. Le beau temps attirait sur le pas des portes quelques vieux, le chat dormeur, deux ou trois casiers à homards échoués sur le quai comme une nature morte. Lumière de perle, herbe salée, écroulement des vagues sur le sable mouillé, l’hôtel des bains fait la sieste.

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07:42 | Commentaires (0) | Tags : cap corse

09/07/2014

La muse et la cigale

On dit qu’avant la naissance des Muses les cigales étaient des hommes. Quand les Muses naquirent et que le chant avec elles parut, il y eut des hommes qui furent alors tellement transportés de plaisir qu’ils oublièrent en chantant le boire et le manger, et moururent sans s’en apercevoir. De ces hommes les cigales naquirent. Elles reçurent des Muses le privilège de n’avoir besoin d’aucune nourriture, de chanter dès leur naissance et jusqu’à l’heure de leur mort sans boire ni manger puis, une fois mortes, d’aller auprès des Muses leur annoncer par qui chacune d’elles ici-bas est honorée. 

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